L’Albatros

  • Tableau original peint à l’huile et à l’acrylique par Catt Landa.
  • Dimensions 40×40 cm
  • Verni et signé par l’artiste
  • Avec certificat d’authenticité
  • Toile montée sur châssis en bois et soigneusement emballée dans du papier bulle
  • Livraison gratuite dans le monde entier.

Disponibilité : En stock

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Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Le poème L’Albatros est fondé sur une double comparaison. L’albatros est personnifié étant donné que le poète est comparé à l’oiseau. Grâce à un réseau de personnification, les trois premières strophes comparent l’albatros à un roi déchu (“roi” vers 6), à un voyageur ailé tombé du ciel. La quatrième strophe explicite le symbole en faisant du poète, par une comparaison et une métaphore hyperbolique, un “prince des nuées” (vers 13) aux “ailes de géant” (vers 16). Exilé parmi les hommes, la vie de l’albatros apparaît donc comme une parabole qui définit l’existence du poète. Le poète et l’albatros sont associés dans la dernière strophe et cette association oblige à une réinterprétation : le voyageur ailé devient le poète, les hommes d’équipage : la foule et les planches : le théâtre social.

L’élévation:
– La verticalité, l’aspect aérien. L’albatros est évoqué dans toute sa grandeur comme le confirme l’enjambement des vers 1 et 2 qui suggère l’immensité des espaces que l’albatros a à parcourir. Cette notion de grands espaces est renforcée par l’hypallage du vers 2 (“vaste oiseau des mers” = oiseau des vastes mers). 

– L’aspect sublime : Au-dessus de l’horizontalité médiocre (la société), l’oiseau donne une impression de majesté, fait de fluidité, comme l’eau sur laquelle vogue le navire mis en relief par l’harmonie suggestive du vers 4 en “v”, “s” et “f”.
– L’isolement, la solitude : Il y a le monde d’en haut et le monde d’en bas et la communication entre les deux est difficile, voire impossible.
– La situation de la victime : l’albatros mais en même temps, le poète est agressé par les moqueries des marins (vers 11 et 12) puis par l’archer et les huées (vers 14 15).

Le poème de Baudelaire donne de l’albatros deux visions radicalement opposées : autant l’oiseau en vol est un oiseau majestueux à l’allure souveraine désigné par la périphrase du vers 16 : “les rois de l’azur”, autant lorsqu’il se pose il paraît ridicule :

– les “ailes” du vers 7 qualifiés des deux épithètes “grandes” et “blanches” / “les avirons” (vers 8).
– la beauté du vers 10 / la laideur du vers 10.
– du vol royal (vers 3), on passe au boitement de l’infirme (vers 12).

Ces oppositions sont soulignées par des antithèses :

– “roi” (vers 6) / “maladroit” et “honteux” (vers 6).
– le “voyageur ailé” (vers 9) / “gauche” et “veule” (vers 9).
– “naguère si beau” (vers 10) / “comique” et “laid” (vers 10) de plus, ici, la rime intérieure croisée associe encore à l’idée de l’albatros celle d’un animal ayant perdu son rang et son titre de “roi”
– “infirme” / “volait” (vers 12).

Le jeu sur les sonorités renforce le contraste. La majesté de l’oiseau en vol est rendue par l’assonance en “en” (vers 1, 2, 4, 13, 14, 16) et l’allitération en “v” (vers 1, 2, 3, 4). La déchéance de l’albatros se traduit sur le plan phonétique par une sorte de dégradation et l’assonance en “en” est désormais associée à des mots dont le sens ou les connotations sont négatives ou péjoratives. Le destin funeste de l’oiseau est prédit par l’allitération en “s” du vers 4 : “gouffres amers”.

La troisième strophe accumule des sonorités qui produisent un effet désagréable avec l’assonance en “e”, assonance déjà présente dans la strophe précédente avec “eu” de “honteux” au vers 6, “piteusement” au vers 7, “à côté d’eux” au vers 8 et l’allitération en “c” et en “gu” comme “gauche” au vers 9 et la cacophonie “comique et laid” du vers 10. Ainsi, le jeu des sonorités accentue la différence de l’animal au fur et à mesure du poème ce qui est renforcé par la disposition des sonorités du vers 11.

L’image de la chute: à prendre au sens physique et au sens moral du terme, la chute du poète oiseau est suggérée par des images symboliques : perdant la liberté dont il jouit quand il “hante la tempête” (vers 14). L’art est pour Baudelaire une affaire personnelle : le poète ne se mêle pas au public vulgaire. Leurs cultures sont trop éloignées. Le poète doit donc s’exiler, être seul et cette singularité s’est cristallisée dans le symbole de l’albatros. 

La dernière strophe développe la comparaison entre le poète et l’albatros qui permet de dégager la signification allégorique du poème : comme l’albatros, le poète est victime de la cruauté des hommes ordinaires comme les hommes d’équipage au vers 1 qui ne sont pas des “indolents compagnons” (vers 9). 

 Selon Baudelaire, la place du poète dans la société est comparée à un albatros : majestueux dans le ciel, son élément, mais ridicule sur terre et au contact des hommes. De même, le poète se situe au-dessus du commun des hommes pour ses poèmes, mais mêlé à la foule, il n’est rien et devient ridicule. Baudelaire faisait ainsi partie de la génération des poètes maudits, c’est-à-dire non compris par les gens de son époque.

Sources : Wikipedia, Bacdefrançais.net, Commentairecompose.fr

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